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Chapitre 4 : L'amazone.

« Entendre des voix est un jeu de survie. Il ne faut jamais lâcher. Constamment nous devons être sur le qui-vive. C’est pourquoi je ne te laisserai jamais me mener vers le bas.
Tu es la fille du diable, tu ne vaux rien.
Je ne suis pas la fille du diable. Je suis une fille du monde. Une fille qui a des principes, des valeurs, des armes pour te combattre. Tu as peut-être gagné la bataille, mais tu ne gagneras pas la guerre.
Dans ma tête je suis une véritable amazone. J’ai été créée par les Dieux pour combattre le mal suprême : l’Autre. Chaque jour, telle une guerrière, je m’avance vers le No man’s land. Je brandis mon épée et mon bouclier pour me protéger. Je pousse un cri ; un cri de guerre. Et je cours. Je cours vers cette Autre moi.
C’est très simple. Primo il faut détourner l’attention de l’Autre. Répliquez par un coup de poing à la joue droite. Ce dernier est alors désorienté. Profitez en pour le frapper au foie puis fragilisez sa mâchoire. Une fois cela fait, frappez son diaphragme. …
Articles récents

Chapitre 3 : la famille.

Je ne peux pas vous peindre le portrait d’une famille idéale. Mon père enfin mon géniteur m’a abandonné avant ma naissance. Ma mère a choisi de me garder. D’ailleurs je lui en veux un peu. Je n’ai pas choisi de naître. Je n’ai pas choisi ma maladie. Je n’ai pas choisi d’être ici. Ma mère a fait le choix pour moi. J’aurais aimé choisir. Ce n’est pas entièrement sa faute. J’aurais très bien pu mourir dans son ventre. Mais je ne l’ai pas fait. Une partie de moi voulait donc naître. Mais si j’avais su mon avenir est-ce que j’aurais voulu naître ? Je ne sais pas.
Grandir sans père c’est comme grandir qu’à moitié. Il vous manque toujours quelque chose. Chez moi, il me manquait l’attention d’un homme. Ainsi, et notamment les maîtres et professeurs que j’ai pu avoir dans ma scolarité m’ont beaucoup marqué. Je pense notamment à P. ou encore à Mr J. Ce fut mes seules figures masculines de ma vie. L’un m’a aidé à voir que les hommes étaient bons et gentils, l’autre m’a transmis son amour de la…

Chapitre 2 : L'autre, la voix et moi.

Lorsque je regardais autour de moi, je pouvais voir la beauté du monde. Maintenant, à cause de ce monstre stocké dans ma tête, je ne ressens plus rien. La beauté a disparue de ma vie. Maintenant, les gens me désignent comme une meurtrière, une folle avec plusieurs personnalités. Ils ont peur de mes hallucinations. Ils ne comprennent pas que c’est une maladie et que je ne l’ai pas causé. Je n’ai jamais voulu entendre une voix dans ma tête qui me dise quoi faire. Je n’ai jamais voulu devenir un monstre à vos yeux. Pourtant j’ai toujours de l’espoir. J’ai l’espoir qu’un jour vous compreniez que la schizophrénie ne s’attrape pas en me touchant, qu’elle n’est pas synonyme de psychopathie. C'est la voix qui résonne dans ma tête qui est le monstre. Je ne suis pas le monstre.
Lorsque je ne prenais plus mes médicaments, la voix était de plus en plus forte. Elle me disait quoi faire, quoi dire. J’insultais mes proches, je les méprisais. Elle me disait que si je prenais mes médicaments, me…

Chapitre 1 : Un autre.

Cette fille là-bas. Oui celle là. Elle devient bizarre. Elle devient noire. Tu te rappelles de son sourire ? Son magnifique sourire … Et ses yeux qui pétillaient. Où sont-ils maintenant ?
Cette fille c’est moi. L’avant maladie était une période tellement joyeuse. J’étais pleine de vie. Je respirais la vie. J’incarnais la vie. Puis sont venue les hallucinations. Je me rappelle d’un événement psychotique. Le plus violent que j’ai eu ; celui qui précéda mon suicide. J’étais entrain de me regarder dans le miroir lorsque je me suis vue sortir de ce même miroir. C’était à la fois étrange et tellement réel. Je ne pensais à rien puis au moment où j’allais fermer les yeux, l’autre me parla : « chut, ne ferme pas les yeux et regarde moi ». Je la regardais un moment. Sans fermer les yeux comme elle me l’avait ordonné plus tôt. « Tranche-toi les veines ». Mes pas se dirigeaient vers le tiroir du bureau. Mes mains prirent le scalpel que j’avais acheté pour faire des activités de création. Sans mê…

Première fois.

Je ne me souviens plus vraiment du jour de mes dix-sept ans. Je me souviens juste que j’étais dans une phase dépressive. Je pleurais souvent. Et même si mon petit ami de l’époque m’aidait, cela n’arrangeait pas ma condition. J’avais souvent des crises d’angoisse aussi. C’était comme si quelqu’un me comprimait la poitrine en permanence. Pensant que c’était un problème physique je suis allée voir un médecin. Il m’a répondu par cette phrase : « vous faite juste votre crise d’adolescence ». Une crise d’adolescence. Qu’est-ce que cela voulait dire. Je n’en savais rien. J’ai donc commencé à lire des bouquins sur le sujet. Le diagnostic était fait ; j’étais juste une adolescente. Rien de bien inquiétant. Puis, un jour, je ne me rappelle plus vraiment, j’ai eu une crise d’angoisse. Violente. Je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait, je n’arrivais plus à respirer. Mon cerveau n’ayant plus d’oxygène, je tombais par terre. Je fus amenée à l’hôpital. Là-bas les médecins m’ont fait une prise de s…